Pour être honnête, quand on m’a proposé de rejoindre ce programme organisé par Nefco et mis en œuvre par Ramboll j’étais un peu sceptique. En effet, Lytefire a été conçue pour préserver la biodiversité au maximum.
Jugez plutôt :
_Fabrication locale à Nairobi.
_Matériaux disponibles localement.
_Fabrication en usine adaptée aux chaînes de production existantes.
_Livraison par bateau, ou par route autour du Kenya.
_Des équipements robustes, durables, que les usagers savent et peuvent entretenir.
_On favorise l’auto-installation avec notre guidance à distance pour limiter les trajets de techniciens.
_La plus grande part des projets en Afrique de l’Est se fait avec des formateurs locaux et parfois aussi des techniciens, et ce pour éviter au maximum les inutiles émissions de CO2 de formateurs venant de l’étranger.
_Les ventes et l’administratif sont gérés en Finlande, sans les charges fixes d’une entreprise à l’ancienne et sur ce point, pendant le Covid, on savait déjà travailler à distance avec efficacité, même si ce choix nous prive des joies de "la vie de bureau".
Bref, comme souvent, Lytefire était la mini-entreprise 100% originale et responsable, face des entreprises beaucoup plus importantes et performantes mais dont la création s’était faite dans la culture industrielle dominante.
Du coup, quand j’ai commencé les ateliers et la lecture de tous les documents très denses pour nous aider à mieux respecter la biodiversité dans toutes les étapes de notre production et dans le cycle de vie des produits, autant dire que j’ai été plongée dans un océan de sigles, de règles, de normes et d’inter-dépendances entre différents secteurs... un délice !

Fort heureusement, j’ai l’esprit curieux et j’aime apprendre. Alors je ne me suis pas laissée (trop) impressionner par tout ça, ni par les impeccables interventions des autres participants et je me suis accrochée. Et j’ai bien fait.
Au fil des mois, plusieurs outils nous ont été présentés pour nous aider à évaluer notre impact sur la biodiversité. Et, surprise surprise, une fois de plus la Lytefire ne rentre dans aucune case. Quinze ans après, les outils d’évaluation de notre travail n’existent toujours pas. Le réseau SCI a développé un label intéressant pour... les petits cuiseurs solaires. Sur le UN Global Market, un cuiseur solaire est encore assimilé à un cuiseur individuels. Dans la classification ISIC, nous sommes assimilés au photovoltaïque ou aux fabricants de miroirs. Quant à l’outil du WWF Biodiversity Risk Filter, il n’analyse que des entreprises sur site. C’est vraiment très intéressant de voir à quel point l’approche de la question de l’énergie par le solaire thermique pour l’artisanat n’en n’est qu’au début alors qu’on en connaît l’efficacité depuis des années (je pense, par exemple, à la conserverie FOURMI qui économise entre 800 et 1000 Euros par an sur la facture de gaz).
Nous arrivons maintenant à la fin de ce parcours. Je ne regrette vraiment pas car j’ai beaucoup appris. En effet, même si Lytefire est au top sur beaucoup de plans, nous avons des choses à améliorer et nous voulons le faire, comme par exemple, trouver des alternatives locales et les tester pour les quelques composants qui viennent pas d’Afrique de l’Est. Ou proposer un meilleur accompagnement par rapport au recyclage des miroirs qui se brisent parfois. Ou encore discuter certaines hypothèses de calcul d’impact avec des experts de ce réseau.
Et puis, en écoutant les autres entreprises, j’ai vu à quel point les gens étaient motivés pour changer les choses, les améliorer pour préserver la nature. A l’évidence, pour ces équipes, ce n’est pas simple et on ne peut que saluer leur motivation à y arriver !
C’était vraiment une très bonne expérience.